Comment expliquer à mes enfants que j’ai un cancer ?

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Témoignage de Doris – Expliquer à des adolescents

Que l’on soit papa ou maman, une tâche difficile nous attend lorsque le diagnostic de cancer tombe : expliquer la maladie et ses conséquences possibles à nos enfants. En fonction de leur âge, les informations fournies seront plus ou moins détaillées. Trouver les bons mots n’est pas chose facile. Nous nous sommes entretenus avec Doris, maman d’adolescents, pour savoir comment elle a vécu cette annonce.

Doris a reçu un diagnostic de carcinome canalaire invasif il y a six ans. La tumeur s’était développée pendant près d’un an sans être décelée par les médecins. Avant même le diagnostic définitif, ses enfants, âgés à l’époque de 17 et 19 ans, étaient au courant de la présence d’une masse dans sa poitrine. Tout le monde est néanmoins resté sous le choc à l’annonce de son cancer.

Quelles pensées vous ont immédiatement traversé l’esprit lorsque vous avez appris le diagnostic ?

J’ai pensé à beaucoup de choses. La tumeur avait eu plus d’un an pour grossir. Or, je savais combien il est important de poser le diagnostic le plus tôt possible. Au début, j’ai cru que la tumeur avait métastasé et qu’il me restait peu de temps à vivre. Je me suis vraiment dit : « c’est trop tard ». En tant qu’ancienne infirmière, je comprenais les risques induits par un cancer au stade avancé.

Vos enfants savaient-ils que vous étiez malade ? Leur en aviez-vous parlé ?

Je leur ai tout de suite annoncé la nouvelle. Je pense qu’il vaut mieux le faire sans attendre, au lieu de dissimuler la vérité, car ils finiront par l’apprendre tôt ou tard. Selon moi, c’est plus inquiétant de ne pas savoir exactement ce qu’il se passe. Évidemment, je n’ai pas dit à mes enfants que j’avais peur de mourir bientôt. Je leur ai expliqué que les médecins réfléchissaient maintenant au meilleur traitement et à ce qu’il était possible de faire pour m’aider. J’ai essayé de ne pas leur montrer mes craintes, mais ils ont bien vu que j’étais sous le choc.

Avez-vous préparé cette conversation ou cherché à vous renseigner en amont ? Auprès des médecins, par exemple ?

Non. Le diagnostic étant tombé au bout d’un an seulement, il fallait agir le plus rapidement possible. Après une mammographie le matin, j’ai été immédiatement transférée à l’institut du sein. C’est là que les médecins m’ont annoncé qu’il s’agissait d’un cancer. Je n’ai pas eu le temps de me préparer. Tout s’est passé extrêmement vite et j’ai informé mes enfants sur-le-champ. Au bout de trois jours, il n’y avait plus de doute : c’était bien un cancer et je devais suivre un traitement. J’ai subi encore de nombreux tests et j’ai demandé un second avis à Heidelberg (Allemagne). J’informais mes enfants de tout, ils savaient constamment où j’en étais.

Souhaitiez-vous garder certaines choses pour vous ?

Pas vraiment, à l’exception de mes peurs. J’ai toujours discuté ouvertement avec mes enfants, ils en savaient autant que moi. Si j’ai pu agir ainsi, c’est parce qu’ils étaient déjà grands, ils n’allaient plus à l’école. Je me suis toujours montrée honnête envers eux, à tous les égards.

Comment vos enfants ont-ils réagi ?

Très bien. Ils m’ont tous les deux soutenue et m’ont toujours assuré qu’ils étaient à mes côtés. Cela m’a beaucoup aidée. Bien entendu, ils étaient à la fois terrifiés et en larmes, comme nous tous, mais ils se sont montrés très positifs dès le départ. Nous avons essayé de nous soutenir mutuellement durant cette période.

Hormis les conversations au sujet de votre santé, avez-vous impliqué vos enfants d’une autre façon ?

Oui. Mon fils aîné m’a conduite de nombreuses fois aux examens et aux séances de traitement. Je n’étais souvent pas en mesure de m’y rendre seule, notamment quand j’étais au plus mal. Je me souviens d’une fois où je me suis sentie très faible. J’avais des troubles cardiovasculaires et je croyais que j’allais mourir, alors mon fils m’a emmenée à l’hôpital de Francfort (Allemagne). Mon cœur s’est emballé pendant que nous roulions. Ma tension était très basse, mais mon pouls extrêmement rapide. J’avais l’impression d’être au bord de l’évanouissement. Nous étions sur l’autoroute et j’ai pensé : « si je meurs maintenant dans la voiture, à côté de mon fils, ce sera vraiment terrible pour lui ». Au final, c’étaient les effets secondaires de la chimiothérapie. Mes enfants sont toujours restés très proches de moi. Même juste après l’ablation de mon sein, mes fils ont été les premiers à me rendre visite à l’hôpital. À cette période, mo, mes fils ont été les premiers à me rendre visite à l’hôpital. À cette période, mon fils cadet m’a même aidée à faire ma toilette, j’ai trouvé ça très gentil de sa part. Ce n’est pas facile pour les membres de la famille de voir de telles cicatrices. Oui, c’était un moment très intense.

Auriez-vous préféré être seule par moments ?

J’étais très souvent seule, mais uniquement lorsque je le décidais. Cela me convenait. J’étais parfois dans un tel état que j’arrivais à peine à me traîner jusqu’à la cuisine. Je ne voulais pas qu’on me voie comme ça, dans mes moments de très grande faiblesse. Parfois, c’est simplement que je préférais être seule. Ma séance de chimiothérapie avait toujours lieu le vendredi, et il me fallait environ une semaine pour m’en remettre. Passé ce délai, je pouvais enfin recommencer à faire mes courses… seule. J’appréciais ces moments. Et je partais souvent seule en forêt pour marcher et laisser libre cours à mes pensées. Une fois encore, c’était un choix de ma part.

Quels conseils donneriez-vous aux patientes qui se trouvent dans la même situation ?

Je peux uniquement parler de ma propre expérience, mais c’était la bonne solution pour nous d’en parler ouvertement. Je pense que chacun doit décider, à sa façon, comment gérer la situation. Certaines femmes refusent d’aborder le sujet des prothèses mammaires à la maison, par exemple, ou ne veulent pas que leurs enfants les voient sans perruque pendant la chimiothérapie. Cette décision appartient à chacune. Pour nous, le dialogue était la démarche à adopter. C’était plus facile pour moi et pour mes enfants aussi, je pense. Quand j’étais petite, ma mère avait également souffert d’un cancer et je me souviens avoir entendu par hasard un proche dire que tous les patients cancéreux mouraient de toute façon. Je l’ai très mal vécu à l’époque, parce qu’on évoquait très peu le sujet à la maison. C’est pour cette raison que j’ai toujours trouvé important d’être franche.

Si cet article vous a intéressé, nous vous invitons également à lire l’article « Comment expliquer à mes enfants que j’ai un cancer ?  Témoignage de Sonja – Expliquer à des enfants en bas âge » : https://mesmomentsprecieux.fr/temoignages/comment-expliquer-a-mes-enfants-que-jai-un-cancer-2/.

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