Médecine complémentaire à l’appui des traitements conventionnels contre le cancer : est-ce que ça marche ?

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Naturopathie, médecine chinoise traditionnelle, Ayurveda, compléments alimentaires : il existe de nombreuses offres de médecine complémentaire. Désireux de contribuer activement à leur rétablissement, près de 60 % des patients atteints d’un cancer en France se tournent vers ces solutions1. Mais plusieurs questions se posent : la médecine complémentaire peut-elle être efficace en cas de cancer ? En quoi diffère-t-elle de la médecine parallèle et quels sont les éléments à prendre en compte pour faire le bon choix ? Vous le saurez en lisant la suite de cet article !

Médecine complémentaire et cancer : de quoi s’agit-il ?

La médecine complémentaire désigne l’ensemble des méthodes employées en complément et en adjuvant des options thérapeutiques conventionnelles1. Dans le cas du cancer, le traitement repose généralement sur trois piliers: la chirurgie, la radiothérapie et le traitement médicamenteux (notamment la chimiothérapie et l’hormonothérapie). Ces traitements validés en oncologie se fondent sur des conclusions scientifiques issues d’essais cliniques contrôlés qui permettent d’étayer les bénéfices et les effets secondaires. Les experts synthétisent ces données dans des lignes directrices pour la prise en charge du cancer destinées à orienter la pratique médicale.

La médecine complémentaire vise, de son côté, à favoriser la réussite de ce traitement dit « conventionnel » et à renforcer le système immunitaire du patient. En effet, le renforcement des défenses immunitaires peut contribuer à atténuer les effets secondaires, et à accroître ainsi l’efficacité du traitement. On parle donc également de « traitement de support »1.

En quoi la médecine complémentaire diffère-t-elle de la médecine parallèle ?

La médecine conventionnelle se fonde sur les lois des sciences naturelles. La médecine complémentaire agit en harmonie avec elle. A contrario, la médecine parallèle s’écarte souvent des lois de la physique-chimie généralement acceptées1. C’est pourquoi elle est qualifiée de médecine non prouvée.

Médecine complémentaire et cancer : des résultats peu étayés

La plupart des formes de médecine complémentaire ne sont pas suffisamment étayées au regard des normes scientifiques1. Ainsi, leurs effets et leur sécurité en cas de cancer sont loin d’être prouvés. La priorité reste donc d’envisager uniquement ce type de méthode en complément de votre traitement contre le cancer. Comme nous l’avons expliqué précédemment, l’oncologie conventionnelle se fonde sur les normes de la médecine validées scientifiquement. Pour optimiser les chances de réussite de votre traitement contre le cancer, consultez toujours votre médecin traitant pour savoir quelles options complémentaires peuvent convenir à la lumière de vos antécédents médicaux, du type de tumeur et du traitement en cours, de façon à éviter dès le départ d’éventuelles interactions.

Médecine complémentaire et cancer : quels sont les traitements disponibles ?

Malgré le manque de données probantes concernant ses bénéfices et ses effets secondaires, bon nombre de patients placent leurs espoirs dans la médecine complémentaire, car ils ne se sentent plus passifs face à la maladie. L’attention portée aux mesures favorables à la santé permet de reléguer la maladie au second plan. Cela peut être une source de force et de motivation.

Les préparations à base de gui, les vitamines et les micronutriments1 entrent souvent dans la composition des traitements complémentaires du cancer. N’oublions pas toutefois que la psycho-oncologie moderne, par exemple, est également une forme de médecine complémentaire, car elle a pour but de soutenir au mieux le traitement contre le cancer, d’en atténuer les effets secondaires et d’optimiser la qualité de vie avec, malgré et après le cancer2.

Nous détaillons ci-après cinq formes de médecine complémentaire pour aider les patients pendant leur traitement contre le cancer.

  1. Médecine chinoise traditionnelle : employée depuis plus de 3 000 ans, la médecine chinoise traditionnelle englobe diverses disciplines allant de la phytothérapie à l’acupuncture, en passant par les pratiques nutritionnelles et les techniques du tai-chi et du qi gong axées sur la mobilité et la concentration3. La médecine chinoise traditionnelle repose sur le principe du yin et du yang, deux forces à la fois opposées et complémentaires. En cas de cancer, elles se manifestent par un déséquilibre au détriment du yin. Pour rééquilibrer les forces et retrouver la santé, les traitements appropriés sont instaurés après évaluation des symptômes par la prise des pouls et l’examen de la langue. En cas de cancer, la phytothérapie et l’acupuncture sont souvent couplées aux recommandations nutritionnelles. Ces méthodes peuvent s’avérer utiles en complément du traitement conventionnel. Toutefois, la phytothérapie présente un risque d’effets secondaires et d’interactions, car les formulations mélangent généralement plusieurs plantes. Au moins pour cette raison, les praticiens et les thérapeutes employant cette méthode doivent être qualifiés et reconnus par un ordre professionnel. En tout état de cause, consultez votre oncologue au préalable pour éviter toute atténuation ou accentuation des effets de vos médicaments conventionnels.

2. Acupuncture : l’acupuncture est une discipline centrale de la médecine chinoise traditionnelle. Cette méthode millénaire consiste à réguler le flux d’énergie vitale (le « qi ») en stimulant certains points du corps à l’aide d’aiguilles, de façon à apaiser les troubles, renforcer les pouvoirs d’autoguérison de l’organisme et favoriser ainsi la santé mentale et physique4. Les chercheurs ont constaté que l’acupuncture est susceptible de diminuer la sévérité des vomissements et des nausées pendant la chimiothérapie1, mais n’ont pas pu déterminer si elle avait un effet positif sur la douleur ou la fatigue. De manière générale, l’acupuncture a peu d’effets secondaires : il s’avère donc parfaitement justifié de faire un essai en complément de votre traitement, à condition que votre oncologue n’y voie pas d’objections. Toutefois, il est important de faire appel, là encore, à un thérapeute qualifié.

3. Kinésithérapie5,6 : le traitement contre le cancer peut avoir des répercussions très différentes selon les patients : altérations de la peau et des muscles, tensions, troubles nerveux, lymphœdème, faiblesse musculaire, fatigue ou encore problèmes de concentration. Pour soulager le stress émotionnel occasionné, il est recommandé de suivre un traitement ciblé. C’est précisément en cela que la kinésithérapie aide les patients atteints d’un cancer. Cette discipline agit directement sur le corps dans le but de rétablir, d’améliorer ou de préserver la mobilité du patient et le bon fonctionnement de l’organisme. Les exercices peuvent travailler sur la résilience et la souplesse des articulations, l’apaisement des tensions et la cicatrisation. Souvent employé en cas de cancer du sein, le drainage lymphatique consiste à exécuter des manœuvres ciblées pour éviter l’accumulation de liquide dans les tissus sous-cutanés, et prévenir ainsi les œdèmes et gonflements. La kinésithérapie propose également le massage de la nuque destiné à réduire les céphalées de tension. Les praticiens formés peuvent enseigner en outre des exercices de respiration et de relaxation pour soulager la douleur.

4. Ayurveda7-9 : l’Ayurveda ou « science de la longévité » prône l’adoption d’un mode de vie sain dans lequel le corps, l’esprit et l’âme ne font qu’un. Vata, Pitta et Kapha sont les trois énergies vitales (doshas) de base dans l’Ayurveda et définissent les caractéristiques physiques et mentales. En médecine ayurvédique, le cancer est considéré comme la manifestation d’un déséquilibre interne ayant des répercussions négatives sur les fonctions digestives, le métabolisme et le système immunitaire. Les soins ayurvédiques ont une visée purificatrice permettant d’assurer l’harmonie entre le corps, l’esprit et l’âme. Après la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie, les massages ayurvédiques à base d’huile permettent de soulager le corps, tandis que les préparations au bois de santal ou au ghee apaisent les irritations cutanées. La recherche clinique suggère également que certains remèdes ayurvédiques comme le gingembre atténuent les nausées consécutives à la chimiothérapie. Néanmoins, les patients affaiblis par leur traitement contre le cancer doivent éviter les lavements, les émétiques ou encore les cures de purification appelées « panchakarma ».

5. Aide psychologique : l’aspect psychologique joue un rôle majeur quand on est atteint d’un cancer. En effet, il faut du temps pour digérer le diagnostic. La peur et l’anxiété s’invitent parfois alors que le traitement est terminé et sont nuisibles au quotidien. Il est possible de demander l’aide d’un psycho-oncologue pour surmonter la situation et accorder la priorité à vos souhaits et besoins personnels. Qu’ils soient médecins, psychologues, sociopédagogues, ou encore spécialistes en musicothérapie, art-thérapie ou psychothérapie corporelle, les psycho-oncologues doivent avoir une qualification spéciale en psycho-oncologie (psychologie et cancer). Cette discipline a aussi pour but de préserver la qualité de vie des patients avec, malgré et après le cancer2. C’est pourquoi elle compte parmi les médecines complémentaires. Si la psychothérapie ne guérit jamais le cancer, elle peut s’avérer essentielle pour faire face à la maladie et améliorer ainsi la qualité de vie.

Évaluation des méthodes de médecine complémentaire : les questions cruciales

Si vous envisagez d’associer la médecine complémentaire à votre traitement conventionnel, prenez le temps de faire un choix éclairé en évaluant les méthodes proposées avec votre médecin. Posez-vous les questions suivantes de façon à formuler clairement vos attentes et à faire la distinction entre les traitements utiles et inutiles.

  • Vous tournez-vous vers la médecine complémentaire car vous ne vous sentez pas en forme ?
  • Comptez-vous sur la médecine complémentaire pour soulager les effets secondaires du traitement contre le cancer ?
  • Comment avez-vous connu l’existence du praticien ? Quelles sont ses accréditations ? Peut-il produire des justificatifs à l’appui de ses compétences ?
  • Combien coûte le traitement ? Qui prend en charge ces frais ? Le praticien exige-t-il un paiement anticipé ou en espèces ?
  • Quelles sont les vertus vantées par le praticien ? Sont-elles étayées d’une quelconque façon ? Cette méthode est-elle pratiquée depuis longtemps ? Est-il question de guérir tous les types de cancer, à n’importe quel stade ?
  • Existe-t-il des risques ? Les effets secondaires sont-ils mentionnés eux aussi ? Quelle est la probabilité d’observer des effets indésirables ? Qu’en est-il des interactions avec votre traitement actuel ? Avez-vous besoin d’un médicament provenant de l’étranger, dont la qualité est difficilement vérifiable ?

Il est important d’éclaircir ces points en discutant avec votre médecin ou d’obtenir son avis médical. N’ayez pas peur d’exprimer vos souhaits, mais aussi vos craintes et vos préoccupations.

Si cet article vous a intéressé, nous vous invitons également à lire l’article « Les bienfaits de la massothérapie face au cancer » : https://mesmomentsprecieux.fr/vivre-avec/les-bienfaits-de-la-massotherapie-face-au-cancer/.

Références

  1. Médecines alternatives et cancer : il ne faut pas croire aux miracles. La Ligue contre le cancer.
  2. La psycho-oncologie. AFSOS.
  3. Médecine traditionnelle chinoise (MTC)
  4. Acupuncture
  5. KinésithérapieKinésithérapie et cancer du sein. La Ligue contre le cancer
  6. Massage Ayurvedique
  7. Basler AJ. Pilot study investigating the effects of Ayurvedic Abhyanga massage on subjective stress experience. J Altern Complement Med 2011; 17(5):435-40.
  8. Dhuri KD, et al. Shirodhara: A psycho-physiological profile in healthy volunteers. J Ayurveda Integr Med 2013; 4(1):40-4.

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